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Nouveaux déboires pour un médicament contre l’obésité

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Nouveaux déboires pour un médicament contre l’obésité Empty Nouveaux déboires pour un médicament contre l’obésité

Message  Mestiri YSL le Dim 26 Oct - 10:57

La prescription et la vente de l’Acomplia, le dernier-né des médicaments anti-obésité, ne sont plus autorisées en Europe. Ses effets secondaires sont jugés trop dangereux. Un coup dur pour le laboratoire Sanofi-Aventis.

L’Agence européenne du médicament (EMEA) a décidé de suspendre l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du rimonabant, médicament destiné à lutter contre l’obésité, commercialisé sous le nom d’Acomplia par le laboratoire Sanofi-Aventis. L’EMEA estime que les risques l’emportent sur les bénéfices. Les études de suivi ont montré que les personnes qui prennent l’Acomplia ont presque deux fois plus de risque de souffrir de troubles psychiques –notamment de dépression- que celles qui prennent un placebo.

Après les premiers essais, le rimonabant avait été présenté comme une ‘’pilule miracle’’, efficace pour faire perdre du poids aux personnes obèses et pour aider les fumeurs à décrocher. Cette seconde indication n’a pas obtenu l’accord des autorités sanitaires. En revanche le rimonabant a obtenu en juin 2006 son AMM européenne pour deux indications : le traitement de l’obésité (définie par un indice de masse corporelle d’au moins 30 kg/m2) ou du surpoids accompagné de problèmes métaboliques (diabète, taux anormal de lipides dans le sang). La prise du médicament va de paire avec le suivi d’un régime alimentaire et la pratique d’exercices physiques.

Risque de dépression accru

Le rimonabant appartient à une nouvelle classe de médicament : il agit sur l’appétit et la prise de poids via le système endocannabinoïde. La molécule bloque certains récepteurs (CB1) aux cannabinoïdes endogènes qui sont présents dans le cerveau (hypothalamus) mais aussi dans les muscles, le foie, les tissus adipeux et le pancréas. Ce système, impliqué dans la prise alimentaire, est hyperactivé chez les obèses au lieu de se mettre en veille.

D’emblée, une mise en garde contre les effets secondaires psychiatriques accompagnait la mise sur le marché de l’Acomplia. Les essais cliniques avaient montré une augmentation du risque de dépression, d’idées suicidaires et d’autres troubles (problèmes de sommeil, anxiété, agressivité) chez les personnes prenant ce médicament amaigrissant. En 2007, l’EMEA a même exclu de la prescription les personnes qui avaient déjà été suivies pour des problèmes psychiatriques. Outre-atlantique, l’autorité de régulation sanitaire (FDA) américaine a invoqué ces effets secondaires pour recaler le dossier du rimonabant.

Efficacité discutable

Entre juin et août 2008, cinq suicides ont été signalés parmi les patients prenant du rimonabant et participant à des études de suivi (contre un seul cas dans le groupe témoin). Les experts de l’EMEA estiment donc que les risques dépassent les bénéfices –bénéfices eux-même qualifiés de moins convaincants que lors des précédents essais cliniques. Dans la ‘’vraie vie’’, les patients arrêtent trop rapidement le médicament pour qu’il soit vraiment efficace, commente l’EMEA.

Estimant qu’il est trop compliqué d’identifier les patients à risque de dépression, l’agence européenne du médicament préfère suspendre l’usage de l’Acomplia que de le restreindre. Concrètement : les médecins ne doivent plus prescrire le rimonabant. Quant aux personnes qui prennent ce médicament elles ne sont pas obligées de l’arrêter immédiatement mais sont invitées à consulter leur médecin. Cette recommandation est transmise à la Commission européenne pour qu’une décision applicable à tous les pays de l’UE soit adoptée. Sanofi-Aventis a aussitôt annoncé qu’il appliquait la suspension temporaire, tout en réaffirmant qu’Acomplia était «une stratégie thérapeutique pertinente».

C’est un coup dur pour le laboratoire Sanofi-Aventis, qui misait beaucoup sur le rimonabant pour doper ses ventes. Le refus américain avait déjà fragilisé sa position.

Usage abusif

Cependant ce n’est pas la première fois qu’un médicament anti-obésité se retrouve sur la sellette à cause de ses effets secondaires. En 1997 l’Isoméride et le Pondéral ont été retirés du marché après des cas graves d’hypertension artérielle pulmonaire. Quant au Sibutral, autorisé en France en 2001, il augmente la pression artérielle et les patients qui le prennent doivent faire l’objet d’un strict suivi médical. L’expérience a malheureusement montré que ce type de médicaments –donnant l’illusion que l’on peut maigrir facilement- est souvent détourné de ses indications et utilisé de façon abusive pour perdre quelques kilos.

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com
24/10/08
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