Ghriba 2017 : Une kermesse riche en promesses

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Ghriba 2017 : Une kermesse riche en promesses

Message  Adminos le Lun 15 Mai - 18:22

Le pèlerinage juif de la Ghriba, à Djerba, s’est déroulé du 12 au 14 mai 2017, sans aucun incident et dans une ambiance de kermesse.
Par Habib Trabelsi, envoyé à Djerba

Tout s’est déroulé comme prévu, à la grande satisfaction des pèlerins et des responsables tunisiens, grâce au dispositif de sécurité imposant et dissuasif qui a été mis en place dans l’île. Cette édition 2017 a également été riche en promesses.
Le «vivre ensemble»
Le rituel, qui a débuté vendredi, a culminé dimanche avec l’afflux de milliers de visiteurs, notamment des Tunisiens de confession juive, mais aussi de visiteurs venus de France, des Etats-Unis ou encore d’Israël, vers la synagogue de la Ghriba, un monument emblématique du patrimoine judéo-tunisien, la plus ancienne d’Afrique.

Les visiteurs réunis tous dans l’oukala, le caravansérail.
Rien n’a manqué à cette fête de tolérance religieuse: hommes et femmes de tous âges ont défilé autour et à l’intérieur de la synagogue, chantant, dansant, se délectant de méchoui et de bière fraîche, allumant des cierges dans la salle de prière et, tradition oblige, écrivant un vœu sur la coque d’un œuf avant de le déposer dans une petite cavité au fond de la salle, en croyant en des jours meilleurs.
Des milliers de bougies sont allumées pour tous les êtres chers disparus, des prières de bénédiction sont récitées par des rabbins, des fruits secs et de la Boukha (eau de vie de figue), symboles d’abondance et de fertilité, sont distribués à la ronde, jusqu’à la procession finale des pèlerins et des visiteurs réunis tous dans l’oukala, le caravansérail.
Une juive djerbienne en habit traditionnel. 
Ce fut, cette fois encore, une journée riche en émotion et en rencontres, une «Convivencia», selon le vœu de l’ancienne ministre du Tourisme Amel Karboul qui avait juré de ne pas baisser les bras pour que se réalise en Tunisie la «Convivencia du 21e siècle», en référence à l’âge d’or de la tolérance religieuse qui avait fait la prospérité de l’Andalousie d’antan.
Un Musée judéo-tunisien: «un vœu» déjà exaucé
L’actuelle ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Selma Elloumi-Rekik, et son confrère des Affaires culturelles, Mohamed Zinelabidine, ont annoncé de concert et sans ambages, lors d’une conférence de presse samedi, deux bonnes nouvelles: la prochaine création à Tunis d’un Musée du patrimoine judaïque tunisien et l’éventuelle inscription de l’île de Djerba au patrimoine mondial de l’Unesco.
La fête de la communauté juive de Tunisie. 
«Je vous donne rendez-vous pour l’inauguration prochaine du Musée», a conclu Mme Elloumi Rekik une longue plaidoirie en faveur de la conservation et de la préservation de l’héritage culturel des juifs en Tunisie, «qui plonge ses racines dans notre histoire plurimillénaire. Une si longue histoire mérite d’être conservée, connue, étudiée et transmise aux générations futures».
«Voilà un vœu écrit l’année dernière sur la coque d’un œuf en passe d’être réalisé», s’est extasié Habib Kazdaghli, le doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba (FLAHM), dont le Laboratoire du Patrimoine avait initié lors du pèlerinage juif annuel un séminaire scientifique sur la faisabilité d’un tel musée.
Olivier Poivre d’Arvor et Mohamed Zinelabidine.
La communauté juive de Tunisie a en effet offert à la Tunisie d’éminents hommes politiques, de médecins et d’avocats émérites, de champions sportifs de réputation mondiale, d’artistes (musiciens, chanteurs, peintres…) charismatiques, mais aussi d’hommes de lettres, de journalistes et d’industriels illustres.
Djerba sur la liste de l’Unesco: plus que jamais d’actualité
Pour sa part, M. Zinelabidine a affirmé que la Tunisie allait demander l’inscription de Djerba au patrimoine mondial de l’Unesco. «Nous allons essayer de classer Djerba parmi le patrimoine universel. C’est une île importante sur le plan de la singularité culturelle et religieuse», a-t-il déclaré sans avancer de date.
Huit sites sont à ce jour classés au patrimoine de l’Unesco, dont les médinas de Tunis et de Sousse, l’amphithéâtre romain d’El Jem, les sites archéologiques de Carthage et le site de Dougga, le dernier en date inscrit, il y a vingt ans.
Selma Elloumi-Rekik.
Intervenant lors d’un séminaire baptisé «Rencontres de Djerba», initié par le Laboratoire de la FLAHM, l’Institut français de Tunisie (IFT) et l’Institut de recherches sur le Maghreb contemporain (IRMC), le président de l’Association de sauvegarde de l’île de Djerba (Assidje), Naceur Bouabid, a été plus explicite.
«Nous travaillons d’arrache-pied depuis avril 2012 pour porter à bon port ce noble projet. Nous avons attendu longtemps pour arriver à cette consécration. Il y a un mois, nous avons reçu une experte de l’Unesco. Elle a été largement convaincue parla valeur universelle Djerba, ce qui nous a réconfortés dans notre mission», a-t-il affirmé.
«En tant que société civile, nous avons également signé une convention de partenariat avec l’Institut national du patrimoine (INP), la convention, qui nous confère une légitimité, a été ratifiée mardi dernier. Il reste maintenant à soumettre le dossier technique à l’Unesco», a-t-il notamment précisé.
Habib Kazdaghli.
Comble de bonheur: l’ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor, omniprésent à toutes les rencontres, a annoncé l’ouverture à Midoun, au début de l’automne, de la première Alliance française de Tunisie – un nouvel espace culturel dédié à la langue et à la culture francophones – ainsi que de l’Ecole internationale Victor Hugo de Djerba – un nouvel établissement tunisien d’enseignement français dans le pays, qui ouvrira ses portes aux élèves en septembre

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avec mes salutations les plus monastiriennes
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