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Message  SalSoul le Dim 16 Jan - 19:06

Du séchoir au pouvoir : Le destin contrarié de Leila Trabelsi Ben Ali, coiffeuse devenue régente



Elle symbolise, mieux que personne, les turpitudes et l’arrogance du régime Ben Ali. Elle est devenue la femme la plus haïe du pays. On l’appelait « la régente ». On spéculait sur ses chances d’accéder un jour à la présidence. Elle était devenue politiquement incontournable, médiatiquement omniprésente, et économiquement hégémonique.

Leïla Trabelsi, l’épouse du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, est d’ores et déjà, et quelle que soit l’issue de la crise qui secoue aujourd’hui le pays du jasmin, l’une des principales « victimes politiques » de l’affaire. Avec le limogeage des inamovibles Abdelawahab Abdallah et Abdelaziz Ben Dhia, deux de ses obligés, intervenu jeudi 13 janvier au palais de Carthage, elle a perdu ceux qui étaient ses meilleurs alliés du sérail.

Elle-même, à en croire la vox populi, aurait déjà fait ses bagages et se serait provisoirement repliée sur Dubaï, une ville où elle a ses habitudes. Une rumeur, insistante mais invérifiable, prétend qu’elle serait partie dès le début des troubles, le 19 décembre, et qu’elle aurait emporté avec elle 1500 lingots d’or extraits des coffres de la banque centrale. L’histoire est sans doute trop belle pour être vraie. Elle montre cependant à quel point « Leïla la coiffeuse devenue présidente » cristallise les fantasmes et les haines.

Les détails de sa jeunesse, jalousement tenus secrets

Née le 20 juillet 1957, Leïla Trabelsi, comme son futur époux, est une fille du peuple. Issue d’une famille modeste, elle compte onze frères et sœurs, dont le sulfureux Belhassen Trabelsi , le « parrain » du clan, sans doute l’autre homme (avec le président) le plus détesté du pays. Sa biographie officielle tient du roman à l’eau de rose. Les détails de sa jeunesse, jalousement tenus secrets, sont mal connus. Seule certitude : elle a exercé la profession de coiffeuse. Ambitieuse et séductrice, Leïla a vite compris que les hommes, et tout particulièrement les hommes mariés, constituaient pour elle sa meilleure chance de promotion sociale.

On ne sait pas les circonstances exactes dans lesquelles elle aurait rencontré Zine El Abidine Ben Ali, au début des années 1980, quand celui-ci était alors un officier craint et prometteur, chef de la sûreté nationale. Se sont-ils d’abord croisés à Paris, dans un cabaret, comme le prétend une autre vilaine rumeur ? Ou plus sagement à Tunis, mis en relation par un ami commun ? Epais mystère.

Ben Ali, devenu président, s’était séparé de sa première femme

Ben Ali, qui n’est pas encore président, mène une double vie. A la ville, il est marié avec Naïma Kéfi, une fille de général, qui lui a donné trois filles, Ghazoua (épouse de l’homme d’affaires Slim Zarrouk), Dorsaf (l’épouse de Slim Chiboub, l’ancien président du club de football de l’Espérance Sportive de Tunis), et enfin Cyrine (qui a épousé Marwane Mabrouk, l’actuel patron de Monoprix, et d’Orange Tunisie). Dans le secret de l’alcôve, il est l’amant de la pulpeuse Leïla. Nesrine, leur fille, conçue en 1985, est née hors-mariage, en 1986, à Bruxelles. Une deuxième, Halima, verra le jour en 1992, mais entre-temps, Ben Ali, devenu président, s’était séparé de sa première femme. Leur mariage est célébré la même année. Du séchoir au pouvoir ! Les Tunisiens font des gorges chaudes de ces épousailles du président avec l’ancienne courtisane.

Leïla, d’abord relativement discrète, trouve ses marques à Carthage, dès la fin des années 1990. Elle et son frère Belhassen sont à l’origine de la disgrâce de Slim Chiboub, le gendre tout puissant. Très vite, elle gagne en envergure politique. Place ses hommes au gouvernement, et, surtout, au Palais, à Carthage. Belhassen, et son neveu Imed, une petite frappe condamné en France pour une affaire de vols de bateaux de luxe, deviennent incontournables dans le monde des affaires. Leur promotion, et l’ascension politique de Leïla, constituent le tournant du règne.

Le fils, Mohamed Zine El Abidine, rebaptisé immédiatement « Le Prince Héritier »

La Tunisie, jusque-là dictature policière corrompue « un peu mais pas trop », se métamorphose en un système aux relents mafieux. Les frasques de Leïla et de Belhassen scellent le divorce définitif entre le régime et le peuple. Divorce dont nous observons les tragiques conséquences aujourd’hui.

En 2005, le 20 février exactement, Leïla franchit un nouveau palier en donnant un fils à son mari : Mohamed Zine El Abidine, rebaptisé immédiatement « Le Prince Héritier » par la vox populi. Politiquement, c’est une excellente affaire, car Ben Ali, qui n’avait eu que des filles, rêvait d’un garçon. Leïla profite aussi de l’affaiblissement physique du président – on le dit malade, atteint d’un cancer de la prostate – pour augmenter encore son emprise sur le pouvoir. Elle ne cache plus ses ambitions et travaille son image. Il faut faire oublier « la coiffeuse ». Elle passe un bac français par correspondance. Puis, avec l’aide d’Abdelaziz Ben Dhia, le conseiller-juriste de son mari, qui a étudié à la faculté de Toulouse, elle s’inscrit en droit dans la ville rose.

Leïla diplômée et surdiplômée

La belle histoire continue : Leïla, par correspondance toujours, présente des aptitudes vraiment étonnantes, puisqu’elle décroche sa maîtrise en à peine deux ans. Maintenant diplômée et surdiplômée, elle peut se montrer au grand jour. Elle se lance dans les activités caritatives, par l’entremise de la fondation Basma, et dans le « militantisme féminin », à travers l’Organisation de la femme arabe, l’OFA, qui a tenu un grand congrès à Tunis cet automne. S

Son portrait figure désormais aux côtés de son mari dans les publications de la presse officielle. Elle harangue les foules lors des meetings, pendant la campagne pour les élections présidentielles de 2009. Elle apparaît, de plus en plus, comme la vraie patronne du pays. Les scénarios les plus fous – celui d’une « régence » - commencent à circuler. Mais il était dit que l’histoire se finirait mal. L’insurrection du peuple tunisien a sonné le glas de ses ambitions.

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